Recherches n° 28 Claire Bernier, Devenir chrétien et le demeurer

La réflexion proposée par Claire Bernier s’enracine dans une expérience longue, riche et raisonnée. Elle a été notamment responsable du service catéchuménat du diocèse d’Angers en France. Elle choisit, dans ce mémoire en vue d’obtention de la licence canonique (2020), intitulé « Devenir chrétien et le demeurer », d’écouter des catéchumènes sur leurs représentations de l’Eglise.
Son corpus est constitué de 36 lettres adressées en 2018 par des catéchumènes à leur évêque, pour formuler leur demande de baptême. Ce long travail d’écoute permet d’entendre leur désir de « rejoindre l’Église », de faire partie de « la famille de Dieu ». Ce qu’ils expriment de leur quête révèle des attentes contemporaines envers l’Eglise catholique. Mais Claire Bernier entend aller plus loin et faire œuvre théologique. Qu’est-ce que l’Eglise dit d’elle-même quand elle s’auto-désigne comme « famille de Dieu » et que peut-on en apprendre en dialogue avec les catéchumènes ? Un des points forts de ce travail est le dialogue instauré entre ces lettres de catéchumènes, l’Écriture et la tradition et le renouvellement du langage par les images.
Elle questionne les prises de parole de catéchumènes et se laisse questionner par elles tout au long du travail. Les paroles de catéchumènes sont dès lors reprises dans chacune des 3 parties (1. Analyse des expressions des catéchumènes rassemblées dans le Corpus ; 2. Les expressions des catéchumènes au regard des textes magistériels relatifs au Catéchuménat ; 3. Incorporés pour demeurer en Dieu).
Elle met d’abord à jour quatre « dominantes » (l’expérience de salut, la joie d’apprendre, le rôle du langage symbolique, l’inconfort de la conversion) à partir d’une grille non pas sociologique mais biblique (des figures de disciples). Elle propose ensuite un travail de corrélation, met en valeur des résonances et dissonances entre paroles de catéchumènes, Écritures et tradition.
Alors même que l’Eglise elle-même est sujette à un processus de formation et de développement continu, le baptême est à penser comme un « évènement » et l’intégration comme « processus ». Parmi les pistes concrètes sur lesquelles s’achèvent le mémoire, elle souligne la nécessité pour les accompagnateurs d’avoir eux-mêmes expérimenté la migration chrétienne. « Ces catéchumènes, qui sont la joie de l’Eglise, sont aussi le signe de son être génétique, de sa vie qui, à travers les âges, va de commencements en commencements ».

Roland Lacroix (ICP) et Christophe Pichon (Centre Sèvres)

Claire Bernier

juin 23, 2021

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